lundi 13 novembre : embarquement dans le vol d'Air Tahiti qui relie Raiatea (où j'habite) à Papeete. Gràce à Gladys de la Fédérétion Tahitienne de Triathlon, j'ai obtenu enfin le congé exceptionnel qui me permet d' aller participer à ces championnats du monde LD en Australie. Lorsque l'avion décolle, j'ai pour la première fois le sentiment que le but poursuivi depuis 5 mois d' entraînement va se réaliser.
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mercredi 15 novembre : arrivée à Canberra capitale de l'Australie. A peine débarqué à l'hôtel, je monte le vélo pour me dégourdir les jambes après quelques heures d'avion plutôt ramollissantes. La température est fraîche, mais il y a du soleil. En route pour une reconnaissance du parcours dont j'ai téléchargé la carte sur le site du championnat. Je vais en fait faire connaissance avec une particularité du climat local qui consiste pour résumer en une grande variabilité. Après trois quarts d'heure de pédalage et alors que j'ai quitté la ville, le ciel se couvre et ne tarde pas à nous déverser pluie, grêle et neige fondue (je ne sais plus dans quel ordre) tandis qu'un vent antarctiquien se lève sur le bush ... L'ordinateur du vélo me donne 7 ° comme température extérieure... Finie la reco on rentre ! Arrivé en ville, comme ma carte papier n'est plus qu'un lointain souvenir je me perds dans tous ces quartiers qui se ressemblent. Il n'y a pas un chat dehors et je me souviens que les australiens appellent cette ville " ghost city ". Bref, j'ai le moral à zéro et les pieds complètement gelés.
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jeudi 16 novembre : c'est aujourd'hui que commence l'enregistrement des concurrents pour la course de dimanche. Après avoir superposé toute ma garde robe sur mon dos, je me pointe sur le site des championnats du monde ITU longue distance, situé sur Commonwealth Park, en bas de Anzac Parade (voir la photo) et en face du Capitole Australien. Le team France de triathlon longue distance est là (Cyrille Neveu, Gilles Reboul, Xavier Floc'h, Sébastien Berlier, Hervé Faure, Julien Loy, Audrey Cléau et Johanna Daumas) accompagné de Pierre Houseaux et du staff de Lorient qui accueillera le championnat en 2007. Ils sont congelés eux aussi "alors qu'il faisait 26° en France" ... mais en plus ils ont l'air de faire la tête. Je saurai plus tard pourquoi ... |
vendredi 17 novembre : c'est le jour de la parade des nations et de la pasta party et la température est montée de quelques degrés. Le moral revient et j'apprends par la presse locale le terrible drame qui frappe le triathlon français longue distance : malgré l' interdiction de la FFTri, Patrick Vernay (homo pacificus comme vous et moi) et top ten finisher à Hawaii cette année, vient de se faire inviter aux championnats du monde sur invitation ITU et courra sous les couleurs de la Nouvelle Calédonie. Les membres de l'équipe de France qui auraient aussi voulu faire Hawaii sont un peu jaloux et la presse australienne en fait des gorges chaudes (et une pleine page dans la rubrique des sports). De mon côté, je fais la connaissance de coureurs calédoniens et de Jean Félix de Montpellier qui court en groupe d' âge. |
dimanche 19 novembre: THE RACE . Je me chante le tube de Elvis " That will be the day when I die, That will be the day when I cry .." pendant que le starter égrène les vagues de départ de la natation. Effectivement au bout de 1500 m j' ai attrapé des crampes à chaque mollet , je me traîne et je me maudis: j' ai trop chargé en zigzagant après le départ car on ne voyait pas le cap à tenir du fait du contre jour et de la turbidité de l' eau. Les crampes disparaissent peu à peu je sors 29 ème de l' eau . A vélo je me fais rattraper par les élites au bout d' une demie heure et j' ai le loisir d' admirer le style et la concentration des professionnels . Certains ont toutefois l' air de peiner lorsqu'il faut emmener les roues lenticulaires sur des côtes de plus de 5%... Les escadrons anti-drafting font des cartons ( jaunes ou noirs) et je reconnais Guy Vernay ( père de qui vous savez) dans le box des punis à l' entrée de T2. Je pédale les yeux rivés sur le cardio en pensant aux 30 km de course qui m' attendent. Lorsqu' on descend de vélo on est assailli par la chaleur. L' air est sec alors on ne transpire pas comme ici mais les puls vous mettent dans le rouge dès les premières foulées. Il faut être vigilant si on veut courir tout du long. Je termine en ramassant pas mal de piétons sur la route et en croisant des visages grimaçants . C' est à ce moment que je me rends compte du terrible effort que représente ce type de course . Une fois franchie la ligne je retrouve Jean Félix et Guy Vernay. Les français finissent bien, Faure est 3 , la jeune Daumas fait 2 et Patrick 6 . En quoi ces types sont-ils faits ? |
le retour : je termine donc à la 15 ème place des hommes de 50 à 54 ans en 8 h 50. je me suis fait 31 nouveaux amis sur des continents différents. Je suis content et je remercie Guy Hemmerlin pour l' efficacité de ses méthodes et pour le suivi personnalisé qu' il applique aux athlètes qui lui font confiance. Ca paie sur le plan physique c' est sûr, mais la progressivité du programme dans les trois disciplines vous permet d' encaisser les volumes et l' intensité au cours des semaines de préparation spécifique, et ça , ça vous donne confiance en vous.
Yannick Goraguer . Raiatea. |